Ebola bientôt en France ? Médecins, chercheurs, infirmiers : tous en alerte

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ebola5L’épidémie continue de flamber en Afrique de l’Ouest, où plus de 2400 personnes sont mortes, sur 7000 infectées (chiffres : Organisation Mondiale de la Santé). L’OMS, qui s’attend à voir apparaître 5 000 à 10 000 cas par semaine à partir de décembre. Il a été un temps question de reporter la Coupe d’Afrique des nations de football (finalement maintenue… jusqu’à nouvel ordre)… Et de plus en plus de pays occidentaux sont inquiets de la tournure que prennent les événements : une infirmière contaminée rapatriée à Madrid, un homme décédé au Texas, et une psychose qui grandit de jour en jour, largement alimentée par certains médias. Plus de la moitié des Français craignent aujourd’hui que le virus Ebola se propage en France, et près d’un tiers redoutent même d’être contaminés, selon un sondage BVA réalisé pour Europe 1, Orange et MNH et rendu public ce mardi 21 octobre.

 

ebola9Pour autant, s’il ne faut pas céder à la panique, il faut tout de même rappeler que certaines précautions sont vitales pour les soignants, en cas de doute ou de suspicion. Cela ne fait que quelques jours que des contrôles de température ont été mis en place dans les aéroports, et le temps d’incubation de la maladie est de trois semaines…. Alors, garder son sang froid n’empêche pas le principe de précaution : médecins, infirmiers, aides soignants et, plus généralement, tous les personnels hospitaliers, doivent absolument savoir reconnaître les symptômes de la fièvre Ebola, quel comportement adopter, quelles réactions avoir, qui prévenir, et comment se protéger.

 

ebola3Un syndicat d’infirmiers, le SNPI-CFE-CGC, vient ainsi de publier un tract pour dénoncer une «omerta» en France sur l’Ebola, et faire savoir que dans notre pays, les soignants ne se sentent pas suffisamment armés pour faire face à une maladie que l’on ne peut, à l’heure actuelle, soigner par aucun traitement homologué ni vaccin, même si la Russie assure pouvoir proposer d’ici peu pas moins de trois vaccins différents ! En attendant, le syndicat national des Professionnels infirmiers reproche aux pouvoirs publics français leur manque de réactivité quant à ce fléau, alors que des personnels soignants ont contracté le virus en Espagne et aux Etats-Unis : «Alors qu’elles sont en première ligne, en France les infirmières n’ont aucune information des autorités !», s’alarme le syndicat. «Que faire quand un cas suspect se présente ? Dans les hôpitaux, nous avons du matériel d’isolement simple, mais pas adapté à un cas avéré d’Ebola. Où trouver le matériel, à qui s’adresser ?», s’interroge le syndicat qui a mis en ligne des informations sur son site Internet.

 

Les réponses à quelques unes des principales questions que tout soignant est actuellement amené à se poser, les voici :

 

ebola111)    La médecine a les moyens de mettre fin aux épidémies. La fatalité ne doit pas prendre le pas sur la vocation du soignant. Le virus d’Ebola, comme celui de la peste noire, du SRAS ou du paludisme, peut être éradiqué. Le tout est de suivre les protocoles, extrêmement précis. La moindre erreur peut tout compromettre. Et dans ce domaine, les initiatives sont le plus souvent à proscrire : mieux vaut se conformer strictement aux ordres des épidémiologistes. Pour preuve que c’est possible : « avec Ebola, le taux de mortalité est déjà passé de 86%, au début en Guinée, à 54% aujourd’hui », analyse le professeur François Bricaire, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris, et coauteur de « Pandémie : la grande menace ». « C’est la prise en charge des malades qui est déterminante », poursuit le spécialiste. « La mise à l’écart de malades et l’application de règles d’hygiène préventives a déjà permis, localement, d’éradiquer Ebola de certains villages. Le virus a même  disparu du Nigeria et du Sénégal, du fait de la mort ou de la guérison des malades sans autre propagation. Ce sont ces méthodes, appliquées dès l’apparition des premiers cas, qui avaient jusque-là permis de limiter l’ampleur des épidémies d’Ebola depuis 1976 ».

 

ebola122)    La science continue à progresser, chaque jour, dans la lutte contre l’épidémie : il faut garder confiance ! Un nouveau test permet ainsi désormais d’identifier le virus en un quart d’heure, contre 6 à 7 heures jusqu’à présent : c’est ce qu’ont annoncé, ce mardi 21 octobre 2014 à Paris, des chercheurs, des médecins et des anthropologues du Commissariat à l’Energie Atomique, chargés d’organiser la riposte contre Ebola. « Ce test donne une réponse à partir d’une goutte de sang, de sérum, de plasma ou d’urine en 15 minutes », a ainsi détaillé Laurent Bellanger, chef de laboratoire au CEA. Ce test sera fabriqué à une centaine d’exemplaires et expérimenté sur le terrain en Afrique, avant d’obtenir une validation définitive. Par ailleurs, comme évoqué au début de cet article, la Russie et le Canada travaillent chacun sur plusieurs formules de vaccins prometteurs. Enfin, un médicament, le « favipiravir », est en train d’être fabriqué à partir d’une molécule jugée très prometteuse, par une société japonaise. « Cette molécule est probablement antivirale, elle est testée dans un laboratoire de l’Inserm à Lyon », a ainsi indiqué Jean-François Delfraissy, le coordinateur national de la crise Ebola.

 

ebola73)    L’infection provient probablement de chauve-souris, qui passent pour être le « réservoir naturel » du virus Ebola. Cette chauve-souris (qui porte le virus sans le développer) peut elle-même infecter un fruit en le mangeant ou griffer un autre animal, tel que le singe, et l’infecter. Le passage du singe ou d’un autre animal à un être humain (qui consommerait sa viande par exemple) constitue le point de départ de l’épidémie. Elle se propage ensuite dans la population, faute de mesures de précautions, via les fluides corporels (essentiellement le sang, les matières fécales et les vomissures) des malades ou de leurs cadavres. On ne peut donc pas, en France, être contaminé aussi facilement qu’en Afrique où vit cette chauve-souris. Pour que le virus soit transmis, il doit être « apporté » sur le continent européen par des malades en provenance d’Afrique. D’où l’importance des contrôles aux aéroports. Si ceux-ci sont correctement réalisés, ils sont efficaces. Ainsi, « les avions sont désinfectés tandis que tous les passagers, en provenance comme en partance pour les pays à risques, sont soumis à des vérifications imposées par les autorités sanitaires comme le contrôle de température à l’aide d’un pistolet laser. Une personne qui présenterait des symptômes graves tels que de la fièvre, des vomissements ou une hémorragie ne pourrait pas monter à bord de l’appareil.», nous explique-t-on chez Air France. Qui a du bloquer un appareil au décollage ce mardi 21 octobre, en raison d’une passagère suspecte qui présentait de la fièvre.

 

ebola14)    Malgré ces précautions, il reste possible qu’une personne en période d’incubation passe à travers les contrôles et amène le virus sur le sol français. Mais rappelons le encore, durant l’incubation, qui dure entre 2 et 21 jours, la personne n’est pas contagieuse. Pour faire face à toutes les possibilités, le ministère de la Santé a publié dès avril une note destinée aux professionnels de santé au sujet du virus Ebola : « Nous avons mis le dispositif de veille sanitaire en alerte pour sensibiliser les professionnels de santé au diagnostic et aux modalités de prise en charge au cas où un malade se présenterait souffrant de fièvre et rentrant de l’un des pays concernés par l’épidémie », a ainsi expliqué Marisol Touraine, ministre de la Santé. « Il existe en France douze hôpitaux habilités à prendre en charge un cas de malade infecté par Ebola », détaille  Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Saint-Antoine de Paris. « Le protocole est le suivant : si un malade est repéré à son arrivée à l’aéroport, les autorités le prennent immédiatement en charge. Il reste isolé dès l’aéroport jusqu’à sa chambre d’hôpital individuelle en passant par son transport via le Samu, pour éviter toute nouvelle contagion. et les personnes étant entrées en contact avec lui sont mises sous surveillance. Tous, subiront rapidement des tests sanguins pour vérifier leur contamination – ou pas -, et les premiers soins seront apportés.

 

ebola105)    Pour la plupart des spécialistes, « une pandémie est exclue ». C’est ce que pense notamment Pierre Tattevin, chef du service d’infectiologie à l’hôpital de Rennes : « la France possède des dispositifs et des structures de soins bien plus performants que ceux des pays africains touchés par l’épidémie. Il n’existe pas de vaccin ou de traitements spécifiques, mais on peut agir sur les symptômes, comme les diarrhées par exemple, qui tuent par déshydratation. Le traitement symptomatique évite à lui seul un certain nombre de décès », conclut ce spécialiste des maladies infectieuses.

 

ebola146)    Si vous-même ne vous sentez pas bien, si vous avez des raisons de penser que vous avez pu être en contact avec le virus Ebola pendant vos activités de soin, quelques règles de base à respecter absolument : ne prenez pas le métro ni aucun transport en commun, ne vous rendez pas dans une salle d’attente, aux urgences ou chez un médecin, restez seul, ne sortez pas de chez vous, et appelez le 15 en leur indiquant vos soupçons. Pensez aussi à leur communiquer une liste de toutes les personnes que vous avez pu approcher depuis l’apparition des symptômes comme la fièvre. Et ne paniquez pas : c’est peut-être seulement la grippe

Une réflexion au sujet de « Ebola bientôt en France ? Médecins, chercheurs, infirmiers : tous en alerte »

  1. chevais pascale

    evitons la psychose collective par le biai d’informations fantasmées et merci de rappeller que ce virus existe depuis 1976 et qu’en t-il du virus hiv ,ou celui de h1n1 ou gippe aviaire de 2009 dont personne ne parle plus’???soyons raisonnable en prenant des précautions d’hygiène de base et utilisons le Stérilium en cas de doute et des gants!

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