Organes artificiels : la révolution !

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coeurL’implantation, il y a un peu moins de deux semaines, d’un cœur artificiel « Carmat » à un patient gravement malade de 75 ans, semble se solder par un succès : l’état du greffé est jugé « très satisfaisant » par l’équipe médicale, le cœur artificiel fonctionne normalement, et répond sur un mode totalement automatique aux besoins de l’organisme sans qu’aucun ajustement manuel ait été nécessaire. La France savoure ce petit moment de gloire… Car c’est une grande première, médicale et scientifique. L’implantation de ce premier cœur artificiel bioprothétique a été réalisée par les professeurs Latrémouille et Duveau, deux grands spécialistes des greffes d’organes.

 

greffeCar c’est la grande révolution : si, depuis une dizaine d’années, des cœurs artificiels sont implantés dans le monde, il s’agissait uniquement de machines temporaires, posées dans l’attente d’une greffe. Cette fois ci, l’organe est autonome. Il reproduit exactement la physiologie d’un cœur biologique, avec deux ventricules et des battements réguliers produits par une moto-pompe. Une technologie incroyable qui vise, à terme, à pallier la pénurie de donneurs mais aussi à apporter une solution aux patients pour lesquels une greffe classique a été jugée contre-indiquée.

 

coeur_artificielVisuellement, ce cœur ressemble à une boule blanche brillante, réalisée dans un plastique dur comme du métal, aux mécanismes extrêmement sophistiqués : « qu’il reçoive beaucoup ou peu de sang, le cœur doit maintenir une pression artérielle adéquate. C’est ce que l’on appelle la régulation médicale », a expliqué à la presse Alain Carpentier, considéré comme l’un des plus grands chirurgiens cardiaques au monde avant de prendre sa retraite et de travailler sur le cœur artificiel à temps plein en fondant Carmat. « Le cœur artificiel autonome nécessite différents capteurs de pression, un accéléromètre mis en jeu lors des changements de position, et enfin un détecteur à utltrasons pour contrôler le déplacement des parois. Un véritable avion de chasse !!! »

 

docteurCarmat, société conçue en levant des fonds en bourse dans le but de développer des greffons artificiels se définit comme une « medtech innovante », et elle a d’ailleurs travaillé avec Airbus et EADS pour ses besoins de miniaturisation extrême et de matériaux inédits. Le dada depuis toujours d’Alain Carpentier, qui avait été le premier déjà à mettre au point des prothèses cardiaques biologiques. Le cœur artificiel qui vient d’être implanté mélange, et c’est ce qu’il y a d’inouï dans cette aventure, des matériaux artificiels… et des matières biologiques. « L’acrylate, choisi pour fabriquer le corps de la prothèse, se fissurait, il a donc fallu carrément inventer un nouveau matériau plastique ! » explique le professeur. « Le mélange inédit de cette matière et d’éléments biologiques limite le risque de formation de caillots sanguins qui peuvent ensuite provoquer des embolies. »

 

transplantationUne prouesse qui a demandé beaucoup de temps… et d’argent : plus de 5 ans de mise au point entre la présentation du cœur artificiel en 2009 et son implantation in vivo, et un prix à l’unité entre 140 000 et 180 000 euros ! Mais aussi et surtout, un espoir fou pour la science et les malades, qui voient dans cette opération réussie de nouvelles raisons de croire à un avenir : « cette prothèse coûte à peu près la même chose qu’une transplantation cardiaque classique », explique-t-on chez Carmat. « Mais elle présente l’avantage d’une fonctionnalité et d’une durabilité exemplaires, alors qu’à ce jour plus de 20 millions de patients souffrent d’insuffisance cardiaque en Europe et aux Etats-Unis. »

 

operationUne prothèse époustouflante qui, à terme, devrait être proposée en priorité aux patients souffrant d’une insuffisance cardiaque terminale avec pronostic vital engagé et sans aucune alternative thérapeutique. Elle pourrait être greffée à de nouveaux malades dans les prochaines semaines dans l’un des trois centres français habilités à participer à cette phase de test, à l’hôpital parisien George Pompidou, au centre chirurgical marie-Lannelongue du Plessis Robinson en région parisienne, et à l’Hôpital Laënnec-Nord du CHU de Nantes, mais aussi en Belgique, en Pologne, en Slovénie ou en Arabie Saoudite.

 

professeurMais Carmat ne compte pas s’arrêter là : les organes artificiels pourraient en effet pallier définitivement la cruelle pénurie de donneurs pour tous les organes pouvant être greffés sur le corps humain. Les recherches progressent, les marchés s’y intéressent et financent les avancées. Un jour peut-être, lorsqu’on aura trouvé le moyen de remplacer les nerfs par un équivalent mécanique, des implants pourraient redonner la vue aux aveugles, des muscles aux grands brûlés, et toutes sortes d’organes à des millions de personnes handicapées par leurs maladies.

 

carmatOn parle même d’organes humains « imprimés » en 3D, dès 2014 !!! Ainsi, le premier foie imprimé devrait l’être incessamment sous peu, a annoncé la société Organovo. Développé à partir d’un organe de furet, un foie miniature bioartificiel a aussi été créé en laboratoire en 2010. Des études sont en cours sur le poumon aux Etats-Unis, et sur les bronches à Paris. Une banque d’organes humains décellularisés est aussi à l’étude en Espagne : ces « coquilles vides » pourraient être des bases pour créer des organes artificiels transplantables d’ici 5 ou 10 ans… Evidemment, cela soulèvera tôt ou tard des questions éthiques : pourrait-on un jour aboutir à la création d’hommes machines ?

 

Une réflexion au sujet de « Organes artificiels : la révolution ! »

  1. Stannah Monte Escalier

    Merci pour toutes ces informations, cela donne espoir en espérant que les couts diminuent avec le temps. J’ai un peu du mal à imaginer des organes imprimés, c’est fou.

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