Sortir de l’autisme est-ce possible ? (partie 3)

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5Sur ce blog, il y a quelques mois, nous avions consacré un article à l’autisme : vous aviez été très nombreux à venir le lire et apporter vos contributions, mais aussi à poser des questions, une multitude de questions. Nous avions promis de tenter d’approfondir le sujet de l’autisme et de l’état des connaissances actuelles, scientifiques et médicales, sur le sujet. Impossible d’être exhaustif, mais voici, dans cet article et ceux des semaines à venir, le résumé de la parole des meilleurs experts en la matière. Il va de soi que nous ne livrons pas ici des dogmes, que rien n’est parole d’évangile et que chacun est libre d’en tirer ses propres opinions, ses propres enseignements. Les différentes pistes évoquées ne s’opposent pas toujours, pas forcément, et peuvent se compléter. La démarche n’est pas agressive et se veut au contraire constructive.

 

Cette semaine :

 

Docteur Natasha Campbelle-Mc Bride, diplômée en médecine et neurologie, neurochirurgien, parent d’un enfant ayant souffert de troubles autistiques.

 

« Les liens entre les désordres neurologiques et la nutrition »

 

3« Il est temps que ce genre d’information arrive en France, parce que ce pays est privé de ce type de connaissances sur l’autisme depuis très longtemps et les autres pays européens sont beaucoup plus en avance sur ces thématiques. C’est très difficile en tant que professionnels de santé de sortir de la zone de confort habituelle, et c’est non seulement difficile mais parfois dangereux, parce que les professionnels de santé qui osent aller au-delà des pistes conventionnelles ne sont pas bien compris. Il faut souvent avoir soi-même un enfant autiste, quand on est professionnel de santé, pour avoir l’envie et le besoin de chercher de nouvelles pistes.

 

Hippocrate, le père de la médecine moderne, a dit il y a 2000 ans que tous les troubles de la santé commencent par l’intestin, et plus on explore cette hypothèse de manière scientifique, plus on se rend compte qu’il avait raison. Quand je parle du système intestinal, je parle de la flore intestinale, qui nous permet de vivre et nous protège. Les recherches sur la flore intestinale ont commencé à l’Institut Pasteur il y a plus de 100 ans, et la France est à la pointe des connaissances sur la flore intestinale : on a découvert que 90% des cellules se trouvent dans la flore intestinale, et plus on l’étudie plus on se rend compte que notre corps fonctionne grâce à elle. On est même en train de découvrir encore de nouvelles fonctions de la flore intestinale.

 

7-flore-intestinaleSi vous prenez le système digestif et que vous le mettez à plat, il fait la taille d’un cours de tennis ! C’est donc une surface très large à l’intérieur de votre corps, et chaque minuscule millimètre carré de ce cours de tennis dans votre corps est recouvert de bactéries, de vers, de champignons et de virus bénéfiques et tous essentiels. A l’intérieur de nous, nous avons une planète ! Habituée par des formes de vies très variées, qui nous permettent d’être en bonne santé. Quand on réduit cette diversité, par exemple en prenant trop d’antibiotiques, on détruit cette « population » et on détruit cet équilibre. Et si on détruit cette flore, les intestins sont malades. La flore intestinale protège, renforce l’intégrité de vos intestins, les aident à absorber et produire des vitamines, à détoxifier votre corps, et à moduler votre système immunitaire.

 

La flore intestinale c’est le terreau, à l’intérieur de votre corps, dans lequel sont implantées les racines de votre santé. Si le terreau est malade, la plante ou l’arbre ne peuvent pas être en bonne santé. On peut s’alimenter de la meilleure façon possible, si on ne le digère pas bien, cela ne sert à rien. Au contraire, les intestins malades transforment la nourriture en toxines. Et le système immunitaire attaque ces toxines, et c’est comme cela qu’on développe des allergies alimentaires, des migraines, de l’asthme, du stress, de la dépression, des problèmes de peau, des infections urinaires et rénales… parfois tout de suite, parfois comme une bombe à retardement.

 

9Nous avons donc mis en place un programme nutritionnel qui a permis de guérir des milliers de personnes. Et il faut savoir que 100% des enfants atteints d’autisme ont des problèmes au niveau de la paroi intestinale, et leurs comportements sont liés à des allergies alimentaires. Une fois qu’on guérit la paroi intestinale, les réactions disparaissent. Donc finalement, notre flore intestinale est comme une usine qui travaille bien ou pas, qui produit des vitamines, des nutriments, des folâtres, est cruciale. Et quand elle ne fonctionne pas bien, on développe de l’anémie. C’est la raison pour laquelle les enfants autistes sont souvent très pâles, parce que leur flore intestinale est déficiente. La détoxification ne fonctionne pas bien dans leur corps, des millions de toxines ne sont pas bien neutralisées, comme le mercure par exemple, et on est immunodéprimé, le corps s’intoxique et se défend moins bien, et le sang transporte les toxines partout dans votre corps, là où elles arrivent elles créent des maladies : de l’asthme pour les poumons, des problèmes cardiaques pour le cœur, de l’eczéma ou du psoriasis pour la peau, et quand elles arrivent au cerveau elles créent des problèmes mentaux.

 

Le monde occidental connaît une épidémie de flore intestinale anormale depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à cause des antibiotiques, à cause des stéroïdes, de la pilule contraceptive, des médicaments, du stress, d’une mauvaise alimentation, d’infections et de maladies liées à l’environnement et à la pollution, à cause de l’allaitement au biberon, des radiations, de l’alcool et autres substances toxiques, et même à cause de certains soins dentaires. La bonne nouvelle, c’est que les bactéries bénéfiques de la flore intestinale peuvent revenir, mais il faut plusieurs mois pour les rétablir dans la flore intestinale, pour qu’elles puissent reprendre leur place dans votre corps, puisque pendant ce temps les autres « créatures » de la flore se sont développées et ont pris toute la place.

 

1Ce problème de flore intestinale touche particulièrement les femmes dans notre société contemporaine, parce qu’elles prennent la pilule, parce qu’elles se maquillent, teignent leurs cheveux, et que toutes ces substances chimiques qui traversent la peau et pénètrent dans le corps vont finir par atteindre les intestins et abîmer la flore. Pourquoi c’est important ? Parce que quand les femmes décident d’avoir un bébé, leur corps est saturé de ces produits chimiques, et le fœtus dans le ventre de ces femmes, n’a pas encore de flore intestinale. Quand il naît, il passe par le vagin de la maman, et la flore vaginale vient des intestins et du système digestif de la femme. Le bébé qui passe par voie basse au moment de la naissance va avoir la bouche pleine de ces bactéries. Et si la maman a une flore intestinale anormale, elle va la transmettre à l’enfant à la naissance et c’est pour cela que la flore intestinale est endommagée de génération en génération. 100% des mères d’enfants autistes ont une flore intestinale anormale.

 

Quand je regarde la santé intestinale d’un enfant, je m’intéresse aussi à celle des parents et des grands parents. Les traitements antibiotiques, la prise de pilule contraceptive, la junk food etc… des grands parents peuvent aussi avoir des conséquences sur la santé de leurs petits enfants, puisqu’ils transmettent une flore endommagée à leurs enfants, qui la transmettent, encore plus endommagée, à leurs propres enfants. Et c’est pour moi la raison de l’épidémie d’autisme que nous connaissons aujourd’hui. Il y a 25 ans on diagnostiquait un enfant sur 10 000, aujourd’hui c’est un sur 35, et en 2020 ce sera un enfant sur deux.

 

6-flore-intestinaleCe que nous avons mis en place s’intéresse au syndrome GAP : coliques, ballonnements, flatulences, diarrhées, constipation, difficultés alimentaires, malabsorption, occlusions, syndrome over-spill… ce sont les désordres intestinaux que l’on retrouve chez tous les enfants autistes. Ils restent très longtemps aux toilettes, ils ont mal, parce que leurs intestins n’évacuent qu’une sorte de trop plein, mais il reste recouvert tout du long de fécalomes, qui libèrent des toxines sans arrêt et ne s’évacuent jamais. Notre protocole commence par un nettoyage de l’intestin pour le libérer de ces fécalomes qui empoisonnent le corps.

 

Chez la plupart des enfants autistes on a aussi retrouvé une prolifération de champignons de type candida, de bactéries de type clostridia, de bactéries sulfato réductrices et de virus de type herpès, cytomégalovirus etc… Les clostridia par exemple, ce sont des bactéries qui habitent notre flore intestinal de manière normale, et qui sont sous contrôle quand la flore intestinale est en bonne santé, mais qui peuvent produire des centaines de neurotoxines quand la flore est endommagée et ces neurotoxines vont monter au cerveau et l’affecter. On a retrouvé une prolifération des clostridia dans le système digestif de la plupart des enfants autistes, mais aussi chez des patients atteints de schizophrénie par exemple.

 

adulte-autiste-4Autre exemple : si vous avez une flore intestinale anormale, les levures de vos intestins vont transformer le gluten que vous absorbez (céréales, pain, pâtes, le sucre, les gâteaux…) en acétaldéhyde, donc en alcool. On a découvert cela au Japon, des employés ont été retrouvés saouls alors qu’ils juraient ne pas avoir bu. On a découvert qu’ils avaient une prolifération de champignons candida dans leur système digestif, et que ces candida transformaient ce qu’ils mangeaient en alcool et que c’est cela qui les saoulait. C’est ce procédé chimique qui nous donne la gueule de bois après une cuite : c’est terrible ? Et bien c’est comme cela que les enfants autistes se sentent, tout le temps.

 

Ce que l’on a retrouvé aussi en grande quantité chez les enfants autistes : des productions élevées de dermophine et de deltorphine, des formes de champignons, des levures qui produisent des toxines paralysantes, ce qui explique qu’ils soient souvent constipés, parce que les nerfs de leur paroi intestinale sont paralysés. La glutéomorphine et les casomorphines, également, sont des molécules du gluten et du lait que l’on produit tous dans notre estomac, et chez une personne dont la flore intestinale fonctionne bien, elles sont bien digérées. Mais chez les patients qui souffrent du syndrome GAP, elles ne sont pas digérées mais absorbées telles quelles. Et dans leur structure chimique, elles sont comme de la morphine, du cannabis ou de l’héroïne ! Et toutes ces toxines se produisent seules dans le système digestif des enfants autistes. Les crises d’épilepsie d’enfants autistes, c’est une sorte de valve de sécurité du cerveau qui envoie une décharge d’électricité pour se débarrasser des toxines quand il sent qu’il y a saturation.

 

2On a aussi remarqué que ce sont souvent les aînés qui souffraient de syndrome autistique. Parce que le corps des femmes est ainsi fait qu’à chaque grossesse, il évacue un maximum de toxines… dans le fœtus. C’est donc le première enfant qui récupère la plus grosse charge de toxines, et les enfants suivants beaucoup moins. Le premier enfant naît donc avec un système immunitaire affaibli d’office. Résultat : il fera beaucoup d’otites, que l’on soignera par des antibiotiques. Donc le peu de bonnes bactéries que l’enfant a reçues de sa mère, sont détruites. Résultat : des infections pulmonaires, donc à nouveau antibiotiques, et au final leur système immunitaire est extrêmement endommagé, dès leur prime enfance. Là-dessus vous rajoutez toute une série de vaccinations : sur des enfants en bonne santé avec une flore intestinale en bonne santé, c’est très bien, mais sur un enfant dont la flore intestinale est endommagée, c’est mauvais. Moi je milite pour que l’on change les protocoles de vaccination en fonction de l’état du système immunitaire de chaque enfant, il faut faire des tests immunitaires à chaque enfant avant de vacciner. Là-dessus vous ajoutez un allaitement au lait industriel, avec des céréales industrielles, donc des molécules de lait et de gluten que le système digestif de votre enfant déjà affaibli ne parvient pas à absorber, cela produit des toxines qui remontent au cerveau et font de votre enfant, en quelque sorte, un toxicomane !

 

8Quand l’intestin devient ainsi une rivière de toxicité pour le corps de votre enfant, cela remonte au cerveau, le bloque, et votre enfant ne peut pas se développer normalement. C’est ce que l’on appelle le syndrome antéropsychologique. Près de 100% des enfants autistes sont nés avec un cerveau normal et qui fonctionne normalement, mais il a ensuite été empoisonné par cette rivière de toxines. Un enfant grandit en écoutant, en regardant, en touchant, en collectant des informations sur son environnement à travers ses organes sensoriels. Quand cette information parvient au cerveau, l’enfant apprend. Mais si le cerveau est surchargé de toxicité, il ne peut pas analyser et traiter ces informations correctement, elles deviennent comme un brouhaha dans le cerveau de l’enfant et il ne peut pas apprendre. Le cerveau se contente de survivre, puisqu’il est intoxiqué. Et le problème de ces enfants là c’est qu’on ne sait pas quel diagnostic poser parce qu’on met ou trois ans à ne voir que tel ou tel symptôme, sans comprendre la cause. Or, plus on commence le protocole GAP tôt, plus l’enfant aura de chances de guérir et d’aller mieux. Car au fur et à mesure des années qui passent, le cerveau est endommagé. Au scanner, on voit que le cerveau d’un autiste est plus abîmé à 23 ans qu’à 3 ans, par exemple.

 

Il faut donc d’abord soigner le corps, enlever toute la toxicité du cerveau et des intestins, neutraliser cette rivière de toxines qui circule dans le corps, puis ensuite rattraper les apprentissages qui n’ont pas pu avoir lieu, les aider à rattraper leur retard. Dans ma clinique, notre protocole consiste d’abord à guérir la paroi intestinale, combler les perforations, renforcer les parois, et nous obtenons une guérison totale des enfants autistes jusqu’à 5 ans. Au-delà, mes patients vont mieux, mais certains gardent des troubles autistiques. Mais dans tous les cas cela vaut le coup, parce que ce qu’il faut comprendre c’est que les autistes souffrent, ils ont des maux de tête, des troubles musculaires, leur système digestif leur fait mal, les bruits leur font mal, et ils n’arrivent pas à expliquer cela, à le communiquer, et cela les rend agressifs et parfois violents. J’ai soigné des adultes autistes de 35 ou 40 ans, qui se sont senti mieux, qui ont découvert ce que c’était que de bien dormir, de se sentir déstressé, et à qui on a appris pour la première fois de leur vie à devenir propres, ce qui est énorme pour les personnes qui s’occupent d’elles, pour leurs soignants. »

 

 

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