Santé : quelles maladies professionnelles et quoi faire ?


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maladie_profC’est une très ancienne loi, datant, de 1919, qui régit les maladies professionnelles. Mais, même si elle a bientôt un siècle, cette législation est assez souple et évolutive : en effet, elle fonctionne selon un système de « tableaux » de maladies professionnelles par secteur reconnues par le Code de la sécurité Sociale. Et ces tableaux sont régulièrement mis à jour en fonction de l’évolution des techniques utilisées dans les métiers, et des progrès de la médecine.

 

santeSi vous avez le sentiment de souffrir d’une maladie professionnelle, la première chose à faire est d’aller vérifier sur ces tableaux, si ce dont vous pensez souffrir, ou ce que votre médecin traitant vous a diagnostiqué, est reconnu comme maladie professionnelle par la Sécurité Sociale. Si vos symptômes figurent dans le tableau, alors votre maladie est automatiquement considérée comme professionnelle.

 

Pour les métiers de la santé, la Sécurité sociale reconnaît sensiblement les mêmes types de pathologies :

– Les maladies professionnelles engendrées par l’utilisation externe de certains produits ou médicaments comme la chlorpromazine (neuroleptique), les pénicillines, l’aldéhyde formique et ses polymères (opérations de désinfection, travaux dans les laboratoires…)… ;

– Les infections d’origine professionnelle par les virus des hépatites A, B, C, D et E, de la poliomyélite, de la conjonctivite etc…, mais aussi par certaines bactéries et par certaines parasites (amibes par exemple) ; les fièvres hémorragiques dues à certains agents infectieux ;

– Les affections respiratoires, cutanées et muqueuses professionnelles de nature allergique (eczéma, asthme, rhinites…), les maladies allergiques liées à certains antibiotiques, au latex ou au caoutchouc naturel ;

– Les maladies liées à des agents infectieux ou parasitaires et contractées en milieu d’hospitalisation et d’hospitalisation à domicile

– Les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes

 

risqueEnsuite, en fonction de la spécificité de votre secteur, certaines pathologies supplémentaires sont également reconnues comme maladies professionnelles. Par exemple, les affections provoquées par toutes les technologies utilisant les rayons X ou « rayons ionisants » sont reconnues pour les personnels des maisons de santé ou des centres de soins ayant recours à ces technologies. Autre exemple : pour les personnels spécialisés en anesthésie, les affections ou allergies dues aux produits anesthésiques (halothane) sont reconnues maladies professionnelles. Pour les dentistes, l’Assurance Maladie prend en compte les problèmes de santé causés par le mercure et ses composés. Etc…

 

contagionMais dans le domaine de la santé, de nombreux autres risques sont encourus qui ne sont pas forcément reconnus comme facteurs déclencheurs de maladies professionnelles. Ainsi, le travail en milieu humide, les détergents, les désinfectants et antiseptiques, les matières plastiques, les conservateurs, les cosmétiques (savons, crèmes de protection, émollients, parfums), les additifs de vulcanisation des gants médicaux et de nettoyage, les médicaments et, chez le personnel dentaire surtout, les acrylates (vinyles). D’autre part, de nombreuses maladies sont transmises du patient au soignant sans être reconnues comme maladies professionnelles par la sécu, ou sans qu’il puisse être formellement prouvé que la transmission a eu lieu sur le lieu de travail et par le patient. Certains métiers exposent aussi à des risques plus particulièrement élevés d’infections (personnel urgentiste et de secours, SAMU social, petite enfance, services funéraires, vétérinaires…). Enfin, les personnels soignants sont aussi particulièrement touchés par le phénomène du burn-out, ou stress professionnel intense, à cause de la dégradation de leurs conditions de travail ces dernières années (baisse des budgets, augmentation des rythmes de travail, compressions du personnel hospitalier, ambiance, dégradation de la relation patient-soignant…).

 

medecinIl est important, pour certaines catégories de personnels, de déclarer au plus vite vos symptômes et votre maladie professionnelle, et d’effectuer les autres démarches nécessaires au bon déroulement de la procédure. En effet, pour les fonctionnaires hospitaliers par exemple, l’article 41 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 (congé de maladie ordinaire, congé de longue maladie, congé de longue durée) prévoit un congé de maladie spécifique si l’incapacité de travail ou l’invalidité est la conséquence d’un accident de service ou d’une maladie contractée dans l’exercice des fonctions. Ce congé de maladie obéit à un régime différent, plus favorable : l’agent en congé imputable au service pourra notamment percevoir l’intégralité de son traitement pendant une période plus longue et bénéficier du remboursement par l’administration des honoraires médicaux et des frais entraînés directement par la maladie ou l’accident.

Pour faire reconnaître l’imputabilité au service de son accident ou de sa maladie, le fonctionnaire hospitalier doit toutefois en faire la demande et l’employeur public prendra sa décision à l’issue d’une procédure.

 

Pour éviter au maximum une trop forte exposition aux risques et maladies professionnels dans les domaines de la santé, quelques principes de base à respecter au quotidien :

– La vaccination vous protège des risques biologiques causés par l’exposition à des agents pathogènes, mais elle a aussi un intérêt collectif car elle contribue à la diminution de la propagation des microbes et des virus.

– Le port systématique de vêtements de travail adaptés aux règles d’hygiène (blouse, masque, sabots…) et un suivi scrupuleux des consignes de prévention, voire d’éradication de certains germes et bactéries.

– On le sait, les cordonniers sont les plus mal chaussés… ! Ce n’est pas parce que vous travaillez dans le médical que vous devez vous dispenser des examens et consultations réguliers nécessaires pour vous assurer que tout va bien (prises de sang, etc…). De même, pour les soignants amenés à porter les patients, à pousser des lits, déplacer des machines etc…, demandez à votre médecin traitant une ordonnance pour pratiquer des séances de kiné ou d’ostéopathie régulières qui diminueront les risques de maladie professionnelle musculosquelettique.

– Parlez avec le CHSCT, les syndicats et la direction de tous aménagements qui vous semblent indispensables en termes d’organisation du travail : les rythmes, les horaires, l’ordonnancement, la répartition des activités, l’entraide entre les salariés, les modes d’évaluation et de rémunération des personnels, la mise en place des indicateurs de santé appropriés aux différentes activités de travail, l’ergonomie des outils de travail…

 
 

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