Post bac : 5 clés pour savoir si l’on est fait pour une carrière dans le médical

Laisser un commentaire

Sans titre3 (2)C’est bientôt la fin de l’année scolaire et pour certains, plus que jamais, le temps des interrogations… Et en particulier, pour ceux qui ont envie de se tourner vers les métiers du médical (médecin, infirmière, mais aussi aide-soignant, orthophoniste ou kiné, sage-femme ou pharmacien, et tant d’autres encore !) : c’est une problématique fréquente chez les collégiens, les lycéens ou les étudiants qui se sentent une vraie vocation, sans pour autant réussir à exclure une part de doute en eux. Sont-ils réellement faits pour travailler dans le médical ? Quelle voie, quelle filière, quelle formation choisir ? Quelles études, pour quelle durée ? Auront-ils les qualités requises ? Appétence pour les sciences, philanthropie, mais aussi parfois le cœur bien accroché ? Autant de vraies questions qui méritent de vraies réponses !

 

Sans titre« La première chose à se dire, et la première introspection à mener avant d’aller plus loin, c’est la suivante : ai-je vraiment le goût des autres ? », explique un jeune chef de service en oncologie à l’Hôtel-Dieu, à Paris. « Il ne sert strictement à rien de se lancer dans une carrière médicale, que ce soit comme médecin ou comme aide-soignant, comme thérapeute ou comme chirurgien, si l’on n’a pas envie d’aider autrui de manière désintéressée, ou si l’on n’aime pas le contact social, le rapport aux autres. Il faut aussi savoir impérativement mettre de côté sa propension à juger les autres, quand on s’en occupe : cela ne doit pas entrer en ligne de compte, et il faut être capable de mettre une vraie distance entre ce que l’on pense à titre personnel, et ce à quoi on doit penser au moment M où on est en présence des patients : on doit uniquement penser à eux, leur bien-être, les problèmes qu’on doit les aider à résoudre, savoir les écouter, les questionner, poser des diagnostics et trouver des solutions. On n’est pas là pour leur jeter à la figure notre incompréhension, notre mépris ou notre moquerie, on est là parce qu’on a prêté le serment de venir en aide à quiconque en aurait besoin. Cela fait un peu pompeux, dit comme ça, mais c’est la base. Si on n’a pas cet appétit là de l’humain en soi, si l’on n’a pas de patience, pas d’altruisme, pas d’élan à aider l’autre, il vaut mieux laisser tomber tout de suite. Pas parce qu’on sera un mauvais soignant, mais parce qu’on sera malheureux dans son job ».

 

prog5556534La deuxième chose essentielle, avant de vous engager dans une carrière liée au secteur de la santé, c’est votre capacité à encaisser psychologiquement certains états de faits difficiles, voire choquants : « pompiers, secouristes, urgentistes, chirurgiens, infirmiers, sages-femmes… tous ont en commun d’assister quasiment quotidiennement, dans leur travail, à des scènes parfois insupportables : accidentés graves, deuils, des corps abîmés, du sang, des larmes, des vies qui basculent… Il faut se sentir prêt à vivre cela, au jour le jour, et à s’en détacher, non pas parce qu’on y est insensible puisque l’humanisme est à la base du médical ; mais pour pouvoir faire correctement son boulot, et soigner l’autre du mieux possible, sans que les émotions et l’affect ne viennent perturber la qualité des soins accomplis », explique le docteur Goldstein, patron du Samu dans le nord de la France. « C’est parfois le problème avec les jeunes gens qui se lancent dans des carrières médicales : pendant les deux premières années d’études, tout est très théorique, le fait que l’on sera confronté au sang, à la maladie, à la mort, reste très peu abordé et donc très flou dans l’esprit des étudiants. Certains que je connais ont changé de vocation, et donc de formation et d’études, en arrivant en troisième année de médecine, lorsqu’ils ont réalisé qu’ils ne supportaient pas la vue du sang. C’est quand même dommage, il faut en avoir conscience le plus tôt possible et se rendre à l’évidence : si on ne supporte pas, on ne supportera jamais, il ne faut pas espérer que cela changera ».

 

prog5560273Troisième chose dont il faut être sûr : se penser capable de gérer la mort d’un patient sans s’en sentir pour autant responsable jusqu’à la fin de ses jours. « C’est quelque chose de très délicat, parce qu’on est en permanence sur une ligne très ténue entre l’assistance à personne en danger, notre devoir ; et l’acharnement thérapeutique, qui devient un excès, presqu’une déviance, en tout cas un tort. On oscille aussi sans cesse entre la volonté de poser le meilleur diagnostic possible, pour pouvoir soigner au mieux ; et la crainte de l’erreur médicale, du faux pas, qui peut ruiner la carrière et la vie d’un médecin, et le hanter jusqu’à la fin de ses jours. Et en même temps, on ne peut pas se laisser obséder par cette peur là, parce que sinon on ne fait plus rien. Or, souvent, les métiers de la santé sont liés à l’urgence, au besoin d’agir vite, de ne pas perdre une minute, sans se tromper. Il faut donc, pour résumer, un grand sang-froid, et aussi une capacité à savoir s’auto-analyser, à savoir prendre du recul sur soi même, sur ses pratiques, pour pouvoir être fixé tout de suite, à chaque intervention, sur ce qu’on a fait de bien et de moins bien, et en tirer les leçons. Savoir être dans l’autocritique, pour pouvoir s’améliorer en permanence durant toute la vie professionnelle. Mais ne jamais tomber dans l’auto flagellation, la crise de doute permanente, qui paralyse et qui pousse à l’erreur. C’est très délicat et en même temps, quand on y parvient – ce qui veut dire qu’on a la vocation -, c’est le gage d’un équilibre personnel et professionnel très profond et épanouissant », analyse le docteur Marien, pédiatre à Lille.

 

Sans titre2 (2)Tous les profs le rabâchent à longueur d’année à leurs élèves, mais cela ne fait pas de mal de le redire encore une fois : pour s’orienter vers une carrière médicale, que l’on vise un bac + 2 ou un bac + 8, il faut impérativement aimer la matière scientifique : inutile de songer à devenir soignant ou pharmacien si vous n’êtes pas doué en arithmétique (il serait fâcheux de vous tromper dans un dosage ou une mesure !) ou en chimie, et globalement, dans toutes les matières qui jouent avec les molécules, les chiffres, les nombres, les lois de la physique, de la biologie et des mathématiques.

 

prog662416Dernier tuyau : si vous vous posez encore des questions, soyez très attentifs à ceux qui vous entourent et qui exercent dans le secteur médical. Il n’est pas rare qu’une vocation se déclenche au contact ou à l’écoute d’une personne que l’on admire ou qui est influente. Posez des questions dès que vous le pouvez, à votre médecin traitant, votre pharmacien, l’infirmière à domicile de votre grand-mère, aux étudiants en médecine ou dans n’importe quelle autre formation en rapport avec le médical. Demandez leur quel est leur ressenti, leur manière de voir les choses, pourquoi ils ont fait ce choix, ce qu’ils ont découvert sur le terrain, auprès des patients, etc… C’est souvent en entendant les histoires des autres que l’on prend conscience de ses propres envies… ou de ce qui, au contraire, nous rebute. Essayez aussi de décrocher des stages, pour vous frotter à la réalité d’un hôpital, d’une clinique vétérinaire ou d’une officine, et là encore, sur vos lieux de stages, saisissez toutes les opportunités pour poser des questions, interroger ceux qui vous entourent sur leur métier, leur vocation, leur vision de leur métier et de leur quotidien.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *