Métiers liés aux seniors : ils n’ont pas fini de recruter !

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EHPADIl y a, d’abord, le vieillissement de la population, et toutes ces générations de baby-boomers qui, progressivement, partent à la retraite, grossissant chaque année un peu plus les rangs de la population des seniors. Il y a, ensuite, l’allongement de la durée de vie : aujourd’hui, en France, selon une étude récente du groupe d’assurance AXA via son département de recherche, « nous prolongeons notre espérance de vie de 5 heures et demi par jour », explique Maxime Alimi, économiste spécialisé en charge de la zone euro pour le groupe. Ce qui, rapporté à une année, nous fait gagner 84 jours chaque année, par rapport à notre espérance de vie à la naissance. Enfin, l’évolution de notre vie active, des temps de transport allongés, des métiers chronophages, une gestion des enfants compliquée, tout cela rend la prise en charge des personnes âgées de plus en plus difficile pour les proches.

 

auxiliaireConséquence : les métiers liés aux seniors ne vont pas cesser de recruter, et de manière importante, dans les années qui viennent. C’est mathématique : non seulement la population des seniors augmente, mais parallèlement, le renouvellement des générations diminue, ce qui fait que le nombre d’actifs spécialisés dans les différents métiers diminue, lui aussi. En résumé, il y aura dans les années et les décennies qui arrivent, de plus en plus de patients âgés, et de moins en moins d’actifs travaillant dans les métiers de la santé, de l’aide à l’autonomie, et de l’assistance aux personnes en fin de vie. Ce qui signifie que ces secteurs vont avoir un besoin de main d’œuvre qualifiée et spécialisée de plus en plus important. Logique.
metiers_seniorsSelon l’organisme de recherche et de prospective France Stratégie, qui travaille pour Matignon et qui vient de publier, fin avril 2015, une nouvelle étude sur les métiers porteurs dans les années 2016 – 2022, « on peut identifier 6 secteurs d’activité, dont on peut assurer qu’ils offriront plus de 500.000 emplois à pourvoir d’ici 2022 ». Parmi ces secteurs, France Stratégie souligne que « les secteurs de la fonction publique et les professions juridiques offriront ces prochaines années plus de 529 000 emplois à pourvoir, les transports, la logistique et le tourisme en offriront au moins 540 000), (…) mais surtout, ce sont les métiers des services aux particuliers et aux collectivités qui seront les plus riches en offres d’emploi : 1,2 million de postes proposés ces prochaines années ». Et, au sein de ces secteurs d’activités, des métiers seront particulièrement porteurs : les agents d’entretien (387 000 postes pour la période 2012-2022), aides à domicile (322 000 postes), aides-soignants (233 000 postes), infirmiers (219 000 postes), et employés administratifs de la fonction publique (211 000). « Globalement, les métiers d’aides à la personne et les métiers très qualifiés sont les plus porteurs d’ici 2022 », note le rapport. « D’autant que, si le secteur des services à la personne recrute encore peu de jeunes diplômés, la création de « baccalauréats professionnels » pourrait inverser la tendance ».

 

aide_domicileLe secteur de l’aide aux seniors aura ainsi besoin de recruter en masse des Auxiliaires de Vie et des Aides à Domicile. Car avec l’augmentation du nombre de seniors, il devient de plus en plus difficile à l’Etat de proposer autant de résidences spécialisées et d’infrastructures d’accueil que nécessaire. La clé, c’est donc de former et de qualifier un nombre croissant de professionnels compétents, pour aider les personnes âgées chez elles, dans leurs tâches quotidiennes : l’entretien de l’habitation, le repassage, les courses, la préparation des repas (aide à domicile), ou encore la toilette, le lever et le coucher, la prise des repas pour les personnes qui ne peuvent se nourrir seules, la mobilité, ou encore l’accompagnement lors de sorties (Auxiliaire de Vie Sociale). En 2014, on comptait plus de 550 000 aides à domiciles, travaillant aux côtés de personnes âgées, invalides ou malades. Une profession qui n’exige pas de diplôme, tandis que le métier d’auxiliaire de vie sociale (AVS), lui, nécessite un diplôme.

 


domicile« Ce sont des professions polyvalentes, enrichissantes, tournées vers les autres, mais qui nécessitent de la souplesse et de l’organisation, de la volonté et une bonne condition physique, car ce sont des tâches fatigantes »
, explique Marie-Josée Daguin, présidente de l’Union nationale ADMR, un réseau national spécialisé dans le service à la personne. « Malgré cela, même si ce sont des métiers humainement très épanouissants, nous manquons parfois de volontaires, et peu de moyens ont été accordés pour faire face à la crise de financement des prestations à domicile par les financeurs publics. Aujourd’hui, un projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement est prévu pour le 1er janvier 2016, c’est une bonne chose : car il faut des mesures ambitieuses, pour adapter les logements des personnes en perte d’autonomie, mais aussi et surtout pour revaloriser les salaires des 230 000 salariés de la branche de l’aide et des soins à domicile (BAD), et pour revaloriser le montant des allocations perçues par nos bénéficiaires ». Des métiers qui devraient donc gagner en attractivité ces prochaines années, si les mesures annoncées sont bien effectives.

 

AMPAutre métier porteur pour le prochain quart de siècle : celui d’Aide Médico Psychologique (AMP) : l’aide médico-psychologique prodigue les soins à la personne dépendante, mais son rôle va bien au-delà : distraire et éveiller un patient parfois lourdement handicapé, ou qui ne communique plus, ou très difficilement. Lui proposer des activités, un enrichissement social, des loisirs, relaxation ou arts plastiques par exemple… mais aussi, l’aider à travailler sa communication, verbale ou non verbale, à stimuler sa mémoire, développer ses capacités motrices et sortir de son isolement. Un métier pour lequel un CAP suffit, mais qui nécessite des qualités humaines évidentes, très recherchées par les maisons de retraite, les ADMR et les EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) : « il faut savoir accorder à l’autre beaucoup d’attention, car certaines personnes âgées sont incapables de parler, et il est alors très important de savoir décoder leurs gestes ou leurs attitudes, de comprendre leurs besoins malgré tout. Une grande patience, de la résistance et de la générosité, voilà les qualités que nous recherchons lorsque nous recrutons des AMP », résume Thierry Gaëtan, DRH et Directeur Adjoint de l’ADMR du Morbihan.

 

Pour terminer, l’Insee prévoit plusieurs dizaines de milliers de postes d’aides-soignants, d’infirmiers, de professionnels du paramédical… à pourvoir à l’horizon 2020 :
soignantAide-soignant d’abord, pour accompagner les patients dans leur vie quotidienne à domicile, en milieu hospitalier ou au sein de structures médico-sociales comme les EHPAD, les cliniques, les établissements  psychiatriques etc…). Pour accéder à ce poste, il faut être titulaire du Diplôme d’Etat d’Aide-soignant (DEAS) de niveau V, qui se prépare au sein des Instituts de Formation des Aides-soignants (IFAS).

Infirmier, ensuite : encore un métier qui ne connaît pas la crise et sera de plus en plus recherché dans les années à venir, pour pourvoir aux besoins des seniors. Car même si, depuis 2005, le nombre d’infirmiers en exercice a déjà augmenté de 34%, la profession manque toujours cruellement d’effectifs. Pour devenir infirmier/ infirmières, 3 ans d’études sont requis dans un Institut de Formation de Soins Infirmiers (IFSI), et à terme, l’obtention du diplôme d’Etat d’Infirmier. Un concours d’entrée est obligatoire pour accéder à cette formation.

kineEnfin, dernière catégorie de professionnels, dont les rangs sont appelés à grossir avec le vieillissement de la population : tous les métiers du paramédical. En France, un peu plus d’un million de personnes exercent déjà l’une de ces professions de santé (kinésithérapeute, masseur, ergothérapeute, orthophoniste, pédicure-podologue, opticien, prothésiste, orthopédiste, psychologue…), qui contribuent au bien-être physique, mental et social des patients, dans des centres de rééducation ou à l’hôpital, en maisons de retraite ou en milieu associatif.

 

 

2 réflexions au sujet de « Métiers liés aux seniors : ils n’ont pas fini de recruter ! »

  1. BERAUD

    Les métiers en HEPAD sont durs. Il faut une forme physique a toute épreuve car les transferts de personne son lourds ,il faut aussi une sacré capacité psychologique car il y a de la violence, des car médical lourd et une souffrance psychologique énorme .Quand en sait que le personnel est mal payer et arrivé à la de 60 ans les forces physiques diminues il serait temps de remettre la retraite à 60 ans pour certains métiers car on fait courir un risque aux patient de le transféré par exemple du lit au fauteuil Donc prévenir les futur aide-soignant ou aide psychologique de ces inconvénients

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  2. Dierstein

    Je suis tout à fait d accord avec vous.
    Cependant juste un petit bémol sur ce qui est dit à propos des amp. Il faut savoir qu en ehpad elles exercent exactement le même métier qu une aide soignante alors que le métier est différent à la base. Seulement pour un établissement il est moins cher de former du personnel non qualifier en tant qu amp plutôt qu as. Et lorsque l on dit dans le texte qu il faut du temps pour les personnes âgées et que ce sont les amp qui sont la pour ces personnes cela est malheureusement faux car elles n ont pas le temps de prendre leur temps justement. (Tout comme les as )
    Je suis moi même aide soignante en ehpad et la charge de travail est lourde. Seulement tout est question d argent nous coutons cher et donc il est difficile d embaucher pour l employeur… du coup on s épuise plus vite on se fait mal on se retrouve en at et il manque encore plus de monde et c est un cercle vicieux. La qualité des soins diminue donc les familles s en aperçoivent bien sûr et vont chercher bonheur ailleurs.
    Voilà la triste réalité des ehpad aujourd’hui. Le personnel est épuisé il y a peu de reconnaissance et à force de tirer sur la corde elle finit par casser. Sans compter le prix des ehpad privé qui sont inabordable pour bien des personnes âgées…

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