Tiers-payant généralisé : loi retoquée !

8La question du projet de tiers payant généralisé crispe les médecins depuis des mois, pour une raison simple : il a été imaginé pour permettre aux patients de ne plus avoir du tout à payer d’argent au praticien, lors de la consultation. Très opposés à l’idée de ne plus devoir leurs revenus mensuels qu’au bon vouloir de la sécurité sociale et des caisses de mutuelle, les médecins ont en partie été entendus par les sages du Conseil Constitutionnel, qui ont retoqué cette mesure, en tout cas sur certains points.

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Essais thérapeutiques : faut-il mieux les encadrer ?

1Un mort, quatre personnes en état grave : c’est le résultat d’un essai thérapeutique qui a mal tourné au Centre Hospitalier Universitaire de Rennes, jeudi 14 janvier 2016. Cinq victimes d’une nouvelle molécule, contenue dans le médicament BIA 10-2474, sensé aider à lutter contre la douleur et l’anxiété, et à soulager les malades atteints de troubles neurologiques ou  moteurs, associés à des maladies comme Alzheimer ou Parkinson. Testée sur des patients volontaires par le laboratoire Biotrial, pourtant rodé à l’exercice et agréé depuis plus de vingt ans par le Ministère de la Santé, cette molécule a été immédiatement retirée de toutes les substances testées à travers le monde en ce moment. Mais si Marisol Touraine, la Ministre de la Santé, s’est rendue immédiatement sur place et s’est largement exprimée dans les médias, le laboratoire Biotrial, pour sa part, communique de manière très laconique sur l’affaire et continue d’arborer sur son site Internet des témoignages de volontaires testeurs enthousiastes. Seul un petit encadré en bas de pages, à droite, indique que « suite aux évènements tragiques de ces derniers jours, Biotrial tenait à remercier tous les volontaires, qui par leurs nombreux témoignages apportent leur soutien aux volontaires et membres de leurs familles touchés par ce drame ». Comme si, quelque part, ces tests devaient perdurer dans une sorte d’opacité, comme s’il fallait les évoquer le moins possible, comme s’il restait une forme de tabou autour de cette recherche basée sur le vivant, sur l’humain.

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Fin de vie : enfin, la création d’un Centre National des Soins Palliatifs

14Il y a une petite semaine, ce 6 janvier 2015, Marisol Touraine a annoncé la création d’un nouveau Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de Vie. L’idée ? Mieux accompagner les proches des patients et les malades eux-mêmes, dans les derniers instants, les aider dans les démarches à effectuer, les informer au mieux de la meilleure manière de préparer l’après, pour les familles. Et, pour ceux qui s’apprêtent à partir, soigner au mieux la transition entre la vie et la mort. Une structure inédite, très attendue par les Français confrontés directement au problème de la fin de vie, mais aussi souhaitée par les professionnels de santé, parfois démunis eux-mêmes face à la complexité de certaines situations, très délicates.

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La réforme du temps de travail à l’AP-HP retardée

7Au printemps dernier, tous les syndicats luttaient ensemble contre la réforme du temps de travail à l’AP-HP, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Après six mois de conflit social, de manifestations et de grèves, la CFDT, troisième force syndicale du groupe, a quitté l’intersyndicale en septembre pour revenir discuter avec la direction. Après cinq semaines de négociation marathon, enfin, un accord surprise a été signé le 27 octobre 2015 : « Nous avons choisi de le faire dans le cadre du dialogue social », explique Gérard Cotellon, directeur de cabinet de Martin Hirsch, lui-même directeur général de l’AP-HP. « Nous ne souhaitons pas de passage en force. Nous avons entendu, en l’occurrence, ce qu’avait à dire la CFDT, nous en avons tenu compte, et nous avons fait bouger notre projet ».

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La bonne résolution 2016 : donner son sang ! L’Etablissement Français du Sang alerte sur la pénurie

2En cette période de fêtes de fin d’année, la plupart d’entre nous sont en vacances : c’est le moment idéal pour donner votre sang, si vous en avez le temps. Car une quarantaine de jours après les attentats de Paris, qui avaient vu affluer les donneurs désireux d’aider, à leur manière, les victimes gravement blessées, l’Etablissement Français du Sang regrette que le rush des volontaires ait été éphémère. Alors que les réserves de sang ont besoin d’être maintenues, la fin d’année et le réveillon du 31 décembre étant, traditionnellement, des moments où des pics de mortalité sur les routes sont à déplorer.

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G. Depardieu : « Les alcooliques anonymes? De la merde ! » Les AA et des médecins lui répondent.

3« Les meilleures résolutions sont souvent suivies de peu d’effets… et c’est justement la raison qui a amené quelques alcooliques repentis à s’unir pour prêter main forte, au dur moment de la tentation »… Voilà les quelques mots qui ont inauguré le lancement des Alcooliques Anonymes, en 1960, il y a désormais 55 ans. Et, à l’heure où Gérard Depardieu fait couler beaucoup d’encre dans la presse en considérant que « les Alcooliques Anonymes, c’est de la merde », il peut paraître opportun de revenir sur ce demi-siècle d’existence… et de succès, selon de très nombreux témoignages d’alcooliques repentis.

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Un numéro d’urgence unique en France, en 2016 ?

5Il y a le 112, le numéro d’appel d’urgence européen, mais aussi le 15 pour le SAMU, le 17 pour la police, le 18 pour les pompiers, le 114 pour les sourds et malentendants, le 115 pour les urgences sociales, le 119 pour les enfants maltraités, le 191 pour le sauvetage aéronautique, le 196 pour les secours en mer… La France est devenue, au fil des ans, championne toute catégorie des numéros d’urgence : il y en a onze, en tout ! Au départ, chacun d’entre eux a été mis en place pour simplifier la vie aux usagers… Mais aujourd’hui, ils sont trop nombreux pour que chacun puisse tous les mémoriser, et il est devenu difficile, pour le public, de s’y retrouver. Surtout, cette situation génère des surcoûts et des complications, en termes de coordination des moyens, pour les différents services d’urgences… et donc, des surcoûts pour le contribuable. D’ailleurs, un simple petit tour dans la rue suffit pour se rendre compte : quand on demande aux passants quel numéro il faut faire en cas d’incendie, d’agression ou de maladie, ils se mélangent quasiment tous les pinceaux… Certains inventent même de nouveaux numéros comme le 16 ou le 19, qui, en réalité n’existent pas !

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Pic de bronchiolite : les pédiatres et les kinésithérapeutes débordés !

3Bordeaux, un grand cabinet de plusieurs kinés associés. De toutes les pièces quasiment, s’échappent des hurlements de nouveau-nés ou de jeunes enfants, visiblement peu satisfaits du sort qui leur est réservé. Noé par exemple, 4 mois, qui braille à pleins poumons, allongé sur la table de massage, la main furieusement crispée autour du doigt de sa maman. Noé souffre de bronchiolite. Les pressions exercées sur sa cage thoracique par le kinésithérapeute pour libérer les poumons sont impressionnantes… mais semblent réellement le soulager. Il faudra au moins 5 séances pour qu’il puisse respirer normalement : « ils ne sont pas habitués, c’est surtout cela qui les fait pleurer, car personne ne leur a jamais fait cela, mais évidemment cela ne leur fait pas mal », explique le praticien. « Nous appuyons sur le thorax pour créer des accélérations de flux et pousser les crachats à remonter, et ensuite on appuie sur le larynx pour créer un réflexe de toux chez l’enfant, pour le faire expectorer ».

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Tiers-payant pour tous : la loi votée en petit comité et dans la plus grande discrétion médiatique…

8Nous vous en parlions dès le lendemain des attentats de Paris : tous les professionnels de santé avaient suspendu leur grève immédiatement, destinée à protester contre le tiers payant généralisé, pour se mettre au service des centaines de victimes des actions meurtrières commises au Bataclan et sur des terrasses de restaurants parisiens. Ils espéraient que le débat sur cette question du tiers-payant, qui leur semble cruciale pour l’avenir de leurs professions, serait reporté à plus tard, le temps de laisser passer la sidération et l’effroi liés aux attentats du 13 novembre. Aujourd’hui, ils ont le sentiment de s’être fait avoir : car mardi 1er décembre 2015, seulement deux semaines après les dramatiques événements, presqu’en catimini, l’Assemblée Nationale a bel et bien voté la généralisation progressive du tiers-payant d’ici 2017. Au 1er juillet 2016, les patients pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie pourront être dispensés d’avance de frais par les professionnels de santé en ville ; dès le 1er janvier 2017, le tiers payant pourra être appliqué à tous les assurés (sur la base du volontariat). Le 30 novembre 2017, enfin, le tiers payant sera un droit inaliénable, pour tous les assurés, et un devoir incontournable, pour tous les soignants.

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Salon du service à la personne : 75 000 postes à pourvoir dans l’aide à domicile

5Ménage, garde d’enfants, aides aux personnes âgées… le secteur des services à la personne peine à recruter, un paradoxe, alors que la France souffre d’un chômage élevé, depuis des années. Les professionnels, réunis à partir de ce mercredi 25 novembre 2015 pour leur salon parisien, rappellent que 75.000 emplois sont à pourvoir… certains évoquent même le chiffre de 100 000 offres de travail disponibles dans ce domaine. Car chaque année, plus de six millions de Français contactent une agence spécialisée dans les services à domicile, pour tenter de trouver la bonne personne : aide ménagère, garde d’enfants, ou auxiliaire de vie pour un proche âgé, ou handicapé. Le service à domicile représente en fait désormais le premier gisement d’emplois, en France ; le secteur qui recrute le plus. Et si tous les postes vacants étaient occupés, le chômage diminuerait de plus d’un tiers ! Problème : les professionnels spécialisés dans la réponse aux particuliers recherchant une aide à domicile, peinent à pouvoir satisfaire l’ensemble de la demande. Et ce, parce que les candidats à l’embauche sont nettement moins nombreux que les ménages désireux de recourir à quelqu’un.

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