La bonne résolution 2016 : donner son sang ! L’Etablissement Français du Sang alerte sur la pénurie

Laisser un commentaire

2En cette période de fêtes de fin d’année, la plupart d’entre nous sont en vacances : c’est le moment idéal pour donner votre sang, si vous en avez le temps. Car une quarantaine de jours après les attentats de Paris, qui avaient vu affluer les donneurs désireux d’aider, à leur manière, les victimes gravement blessées, l’Etablissement Français du Sang regrette que le rush des volontaires ait été éphémère. Alors que les réserves de sang ont besoin d’être maintenues, la fin d’année et le réveillon du 31 décembre étant, traditionnellement, des moments où des pics de mortalité sur les routes sont à déplorer.

 

11« Beaucoup de donneurs sont venus nous voir après le 13 novembre 2015 et les attentats terroristes, et nous les en remercions », explique le docteur Michel Jeanne, directeur adjoint de l’Etablissement Français du Sang. « Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’une fois que l’on a donné son sang, on ne peut pas le donner à nouveau avant un délai de deux mois. Ces donneurs là ne peuvent donc pas nous venir en aide en ce moment. Or, nous avons besoin, en permanence, de 10 000 dons par jour pour que nos réserves restent dans le vert. Nous lançons donc un appel à ceux qui n’auraient pas donné durant ces deux derniers mois, et qui pourraient passer pour un prélèvement. C’est rapide, indolore, et terriblement important ».

 

4Les dons permettent, on l’a dit, de sauver des victimes d’accidents de la route, mais aussi des patients atteints de maladies du sang, ou des femmes après un accouchement difficile. « Quand j’ai accouché de mes jumeaux, j’ai failli mourir, je me suis vidée de mon sang. J’ai subit une transfusion, avec du sang qui provenaient de 30 donneurs différents ! Ils m’ont sauvé la vie, même s’ils ne le savent pas », raconte Géraldine, qui habite au Mans, maman d’Oscar et de Léon, deux petits bouts de 14 mois. « Mon fils de 6 ans souffre d’une maladie auto-immune très grave. Il doit être transfusé une fois par semaine. Sans donneurs, mon fils serait déjà mort », témoigne Elodie, maman d’Octave, dans la salle d’attente de l’Hôpital Robert Debré à Paris. A quelques dizaines de mètres de là, dans les locaux de l’hôpital dédiés à l’ESF, les visiteurs, les proches des patients, peuvent directement donner leur sang. Ou encore, les riverains comme Olivier, donneur habituel qui vient sans faille, tous les 100 jours, consacrer une demi-heure de son temps pour se prêter au prélèvement. « Je participe à ma manière, j’ai la chance d’être en bonne santé, je trouve cela normal de partager avec ceux qui le sont moins.

 

9A Nice, dans les locaux de l’ESF, la salle d’attente est désespérément vide depuis dix jours. Alors, pour faire face à la pénurie, le centre a relancé par téléphone toutes les personnes inscrites dans ses fichiers, et qui n’étaient pas venues depuis au moins huit semaines. « Dès qu’ils m’appellent, je viens », sourit Véronique. « Je donne mon sang et mon plasma. Ils m’ont appelée samedi dernier, je suis venue aujourd’hui ». Gaëtan, un grand jeune homme d’une vingtaine d’années, étudiant, a lui aussi répondu présent à l’appel. « Je suis fauché, j’ai très peu de moyens, je suis frustré de ne pas pouvoir aider financièrement les gens qui sont encore plus dans le besoin que moi. Donner mon sang, c’est le seul moyen que j’ai d’être utile aux autres sans mettre d’argent derrière. Et pour moi, symboliquement, la fin de l’année est un moment particulier, où les valeurs de partage, de don de soi, d’entraide, de solidarité, doivent être encore plus présentes que d’habitude. Alors je ne rate jamais une occasion de venir, dès que je peux ».

 

1La gestion des réserves de sang est sensible, car les produits sanguins ont une durée de vie courte : seulement 5 jours pour les plaquettes. Les centres de don appellent donc à la mobilisation des donneurs. Car ils savent qu’en janvier, traditionnellement, la pénurie de sang atteint des seuils critiques. Et si, en novembre, beaucoup de Français ont donné, avec les attentats beaucoup de sang a été transfusé, ce qui n’a pas permis de relever les seuils. Pour garantir un approvisionnement normal des hôpitaux, l’ESF a besoin de 14 jours de stock permanent. Actuellement, les réserves sont à peine de huit jours. « Dans ces cas là, nous sommes obligés d’établir un ordre d’attribution des poches de sang : urgences, accidents, accouchements, traitements au long cours comme les chimiothérapies, demeurent nos priorités », explique encore le docteur Michel Jeanne. « Mais certains hôpitaux peuvent en revanche être amenés à décaler des interventions chirurgicales programmées, qui nécessitent des stocks de sangs importants pour réagir en cas d’hémorragie durant l’opération, car ils n’ont pas les stocks nécessaires ». Il faut encore savoir que tous  les ans, un million de patients français peuvent être soignés, et même sauvés, grâce à une transfusion. Alors à bon entendeur… Car tous ceux qui pèsent au moins 50 kilos et sont âgés de 18 à 70 ans, peuvent donner leur sang.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.