Vivisection, expérimentation animale : pour ou contre ?

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Le chiffre est tombé début 2014 : avec 11 millions d’animaux tués en Europe dans les laboratoireschien malade en 2011, dont près de 2,5 millions en France, notre pays est officiellement leader de la torture animale dans l’Union. Ce ne sont pas des statistiques publiées par une association de défense des animaux, mais bien par l’Europe elle même : rendu publique fin décembre 2013, le rapport de la Commission Européenne intitulé « Septième rapport sur les statistiques concernant le nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales et à d’autres fins scientifiques dans les États membres de l’Union européenne », présente ainsi les résultats des données collectées par l’ensemble des 27 états membres en 2011 (2010 pour les données fournies par la France). Les chiffres exacts font froid dans le dos : 11 481 521 animaux très exactement ont été torturés et tués dans les laboratoires d’Europe en 2011, soit seulement 4,3% de moins qu’en 2008. De toute façon, cette baisse relative s’explique davantage par la crise économique et une réduction globale des dépenses consacrées à la recherche, plutôt qu’à une stratégie engagée et affirmée de réduire l’expérimentation animale : aucun des 27 États ne s’est, à un moment ou à un autre, exprimé dans ce sens.

 

Ce que l’on apprend aussi, c’est que plus d’un tiers de ces animaux (39%) sont consacrés aux seules disciplines que sont la médecine, la dentisterie et la science vétérinaire. Mais pour les 61% restants, c’est assez opaque, même s’il est avéré qu’une partie des animaux ont été utilisés pour tester des cosmétiques alors que cette pratique est interdite depuis 2009. Sur les 11,5 millions d’animaux torturés et tués, le rapport recense « seulement » 3 millions de souris. Les 8 autres millions d’animaux sont des poissons, des chevaux, des ânes, des poneys, des renards, des blaireaux, des phoques, des loutres, des lapins mais aussi 1800 chiens, presque 4000 chats, 77 000 cochons et 6000 singes, et encore des reptiles, des oiseaux, des vaches, des chèvres, des amphibiens… essai clinique sur chatLa France détient le record européen dans l’absolu, mais aussi, dans le détail, le record du nombre de chiens (3000) et de chats (600) sacrifiés par les chercheurs.

 

« Il existe pourtant des méthodes substitutives, comme l’ont encore montré récemment deux chercheuses italiennes qui cultivent des cellules souches humaines données par des volontaires pour leurs tests », réagit Diane, membre de l’association « One Voice » dont une précédente campagne avait justement abouti à l’interdiction des tests sur les animaux pour les cosmétiques en Europe. « Aujourd’hui, nous voulons bannir tous les tests sur les animaux conformément à la directive européenne 2010/63/UE qui incite au développement des méthodes substitutives (…). En Italie, la majorité des tests utilisant des primates, des chiens et des chats ainsi que des procédures douloureuses sans anesthésie (en dehors de la recherche sur la douleur) vont être interdits, tout comme les travaux sur l’animal qui concernent les transplantations ou les addictions, ou l’utilisation d’animaux pour des tests ou des entraînements militaires ».

 

Il y a quelques jours seulement (le 29 juillet 2014), la campagne intensive « Save our monkeys » (« Sauvez nos singes ») lancée par l’association « British Union for the Abolition of Vivisection » sur l’Ile Maurice, a ravivé la guerre qui oppose les défenseurs des animaux et les partisans de la recherche avancée. Ainsi, Bella Williams, membre de l’association « Understanding Animal Research », a annoncé qu’une contre campagne allait prochainement voir le jour pour « expliquer aux gens que les macaques sont importants pour la recherche médicale (…). Ces associations lancent des actions injustifiées et disproportionnées qui portent atteinte à nos industries (…) ». « Au delà de la protection des animaux, il faut comprendre que chaque produit que nous utilisons tous les jours a été expérimenté sur des animaux et autres cobayes avant la production en masse, arrêtons l’hypocrisie, tout cela est un mal nécessaire », réagit en ce sens un internaute sur un forum consacré au sujet…. Ce qui ne manque pas de faire réagir les opposants à la vivisection : « Peut-on à la fois sacrifier des animaux à l’expérimentation scientifique, et dans le même temps en avoir chez soi, les aimer, les défendre et revendiquer leurs droits ? » répond ainsi une internaute.

 

Dans la société, les mentalités commencent à évoluer doucement sur le sujet : en avril chat en clinique2014 en France, les députés ont validé le changement de statut des animaux dans le code civil, qui est passé du statut de « bien meublé » à « être vivant doué de sensibilité ». Une modification qui fait suite à la pétition lancée il y a un an et demi par la fondation de protection animale « Trente Millions d’Amis« . « Le code rural et le code pénal jusqu’à présent reconnaissaient implicitement et explicitement les animaux comme des êtres vivants et sensibles, mais pas le code civil », explique le député PS Jean Glavany, ancien ministre de l’Agriculture et l’un des auteurs de l’amendement. Pas suffisant, pour les défenseurs de la cause animale comme la Fondation Brigitte Bardot : « c’est juste une harmonisation des textes, donc une simple évolution juridique, mais en aucun cas une révolution pour les animaux. Cela ne remet certainement pas en cause l’exploitation animale », explique son porte parole Christophe Marie.

 

89% des Français sont favorables à cette modification du code civil, selon un sondage Ifop réalisé pour 30 millions d’Amis. Parmi ces 89%, une frange de la population va jusqu’à modifier complètement son mode de vie en soutien à la cause animale, et pour tenter de modifier profondément les mentalités. « Je n’utilise que des produits de beauté sans ingrédients d’origine animale, et qui ne sont pas testés sur des animaux », explique par exemple Alexandre P., végétalien et militant aujourd’hui souvent médiatisé. « Nous passons notre vie et notre temps libre à essayer de défendre les animaux et on nous répète sans arrêt qu’il y a des choses plus importantes que ça… Les élevages, les abattoirs, les centres de recherche sont à l’abri des regards de façon à ce que le commun des mortels puisse continuer à consommer sans savoir ce que cela signifie en termes de souffrance animale ».

 

assoxiation anti torture animalePourtant, les tests sur les animaux peuvent être bénéfiques… Pour la recherche médicale et pour les animaux eux mêmes. Ainsi, la clinique Oncovet (contraction des mots oncologie et vétérinaire), créée en 2000 à Villeneuve d’Ascq dans le Nord de la France, a développé une équipe multidisciplinaire de vétérinaires et un plateau technique de pointe, pour allier recherches sur le cancer et traitement des affections des animaux de compagnie : « c’est une idée unique en Europe », explique le Docteur Dominique Thierny, présidente d’Oncovet Clinical Research. « Utiliser nos chiens et nos chats malades pour des essais cliniques, en testant de nouveaux traitements destinés à l’homme. Grâce à cela les animaux ont des chances d’être en rémission plus longtemps qu’avec ce dont on dispose actuellement pour nos animaux, et on va aller plus vite dans le développement de ce traitement pour l’homme, pour que nous puissions en bénéficier plus rapidement ».

 

Plusieurs chiens y sont soignés régulièrement grâce au partenariat entre le centre et leurs maîtres. « Tout est pris en charge, des examens jusqu’à la fin, c’est donc aussi bénéfique pour moi » raconte le propriétaire d’un adorable bouledogue anglais atteint d’un cancer. « Je n’ai rien à payer et les résultats sont très satisfaisants, beaucoup plus précis sur des animaux naturellement malades que sur des souris auxquelles on inocule une tumeur. De toute façon le deal est clair : mon chien doit souffrir du moins d’effets secondaires possible. Il est de toute façon condamné mais grâce à tout cela il a gagné plusieurs mois de sursis ». Autre chien miraculé : un labrador qui aurait dû être amputé à cause d’un cancer des os. Mais grâce à l’implant d’un nouveau biomatériau imprégné d’agents thérapeutiques et testé sur sa patte, il a pu la garder. Ensuite, un traitement de chimio classique, pris en charge dans le cadre des essais, lui sera administré. Il sera suivi, tous les trois mois, avec des examens complémentaires pour vérifier que le cancer ne s’est pas déplacé ailleurs. Dans n’importe quelle clinique vétérinaire classique, ce chien aurait été piqué depuis longtemps.

 

Ainsi, dans ses locaux, Oncovet participe à la fois au bien être de sa patientèle animale, et àscanner animal l’avancée de la recherche dans des domaines aussi fondamentaux que la cancérologie, la chirurgie, la cardiologie, la chimiothérapie, l’imagerie médicale, la neurologie, la radiothérapie, la scintigraphie… Et permet aussi de progresser dans la voie vers de nouvelles thérapies médicamenteuses : des essais cliniques sont réalisés avec des médicaments déjà pré-validés sur des animaux de compagnie malades, pour développer des diagnostics, des solutions thérapeutiques, ou des dispositifs médicaux transposables en santé humaine : « développer un nouveau médicament coûte très cher. Pour optimiser ces dépenses en clinique humaine, passer préalablement par des essais cliniques sur des animaux de compagnie permet d’obtenir des données plus prédictives pour affiner la stratégie clinique par la suite, et potentiellement le taux de succès des médicaments », explique Matthieu Dubruque, directeur du développement Oncovet Clinical Research. Objectif de la démarche : réduire le taux d’échec des nouvelles molécules.

 

L’organisme suscite déjà beaucoup d’enthousiasme : Oncovet Clinical Research a réussi à mobiliser en très peu de temps plus d’un million d’euros auprès d’investisseurs privés pour faire progresser ses essais en cours et embaucher. Preuve ultime que recherche scientifique et bien être animal peuvent aller de pair.

 

6 réflexions au sujet de « Vivisection, expérimentation animale : pour ou contre ? »

  1. vincent

    Vraiment incroyable que à notre époque, on puisse encore se servir d’un être vivant pour que les femmes se tartine la figure. Mais aussi dégueulasse que l’on se serve aussi des animaux, pour faire toutes sortes d’expériences. Dégoutée de ces chercheurs, j’espère que la vie s’occupera d’eux un jour. Comment font-ils pour dormir?

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    1. mlg

      Les animaux sont très bien traité en animalerie il y des lois qui existe pour leur bien être, et on est soigné et vos animaux aussi grâce à eux

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  2. Schynck

    Bonjour,

    Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’article la semaine dernière ? C’est domage car c’est un rendez vous que j’aprécie énormément, toujours instructif et enrichissant… je suis Française expatriée en Allemagne et j’avoue que cela rythme mes semaines, cela me manque ! Je suis très impateinte de vous lire à nouveau,

    Amelie

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  3. fabienne P

    Bonjour,
    J’ai 39ans,je suis végétarienne depuis mes 10ans.Je connait la vivisection depuis cet age.
    J’ai tjrs été une fervente protectrice des animaux,malheureusement l’homme peut être tellement destructeur.
    Il faut continuer à véhiculer nos valeurs de vie ,arrêter d’être dans la maltraitance,sensibiliser le monde au bien être animal et humain,et notre monde ne sera que meilleur.

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  4. Noemie

    Je ne suis qu’à moitier dacord avec ce que vous dites je suis une grande protectrice des animaux et je participe a de nombreuse actions contre l’abandon ou autres cruautés de ce gore mais vous avez une image trop n’egative de l’expérimentation animale et vous avez des sources qui les accentues beaucoup trop! Avez vous déjà entendu parler de l’éthique? Car grâce a cela les animaux en laboratoire qui souffre n’exister presque plus et cela va encore s’améliorer. Oui c’est peu être plus humain mais grave à ces héros de souris sauvés des vie et continuerons encore progressivement.

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