Enfants précoces : qui pour accompagner ces enfants qui n’entrent pas dans le moule ?

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Ce sont des enfants en souffrance, qui se sentent en décalage avec leurs amis, avec la société, sans comprendre pourquoi : les enfants précoces.

Ils représentent environ 5% de la population scolarisée en France. Ils ne sont pas plus nombreux qu’avant mais on les diagnostique mieux et de plus en plus tôt. Ce qui permet de les prendre en charge mieux que par le passé ; du coup, on a le sentiment que leur nombre va croissant. Que tout le monde ou presque a un enfant précoce dans son entourage, voisins, amis, famille… Ce n’est pas le cas. On les identifie et accompagne juste mieux de nos jours.

Et cet accompagnement qui s’améliore crée aussi de l’emploi, en France, dans le social et la santé.

Les enfants précoces sont tous différents


Ils ont cependant un point commun, leur QI, supérieur à 130. Mais les réactions associées à cette intelligence hors du commun peuvent varier du tout au tout d’un enfant dit « HQI » ou « THQI » (Haut Quotient Intellectuel ou Très Haut Quotient Intellectuel).

Certains vont se révéler d’excellents élèves, à la limite du Trouble Obsessionnel Compulsif (être le premier, zéro échec) ; d’autres, au contraire, ne vont pas s’intégrer dans le système scolaire traditionnel. Parce qu’ils se sentiront trop différents, parce qu’ils vont s’y ennuyer, ou parce que leur QI prend des formes d’intelligence différentes, qui ne correspondront pas aux schémas que les enseignants et les parents attendent d’eux.

Difficile, donc, de savoir reconnaître un enfant précoce. Les professionnels de santé l’ont bien compris. Ils se spécialisent de plus en plus dans l’appréhension de ces petits élèves qui souffrent… d’être trop intelligents.


Trouver le bon psy pour une prise en charge efficace et personnalisée

« Seul un professionnel reconnu pourra confirmer une suspicion de précocité intellectuelle », indique l’ANPEIP, l’Association Nationale pour les Enfants Intellectuellement Précoces. « Faute de quoi on peut tomber dans de graves errances thérapeutiques. Il faut trouver quelqu’un qui saura réaliser les bons tests psychométriques, avec les bons outils, pour pouvoir proposer une prise en charge adaptée ». De plus en plus d’établissements de santé et d’établissements scolaires se spécialisent pour pouvoir diagnostiquer et accueillir au mieux les enfants précoces. Ils sont à la recherche de professionnels à la compétence reconnue dans ce domaine.

Ensuite, la plupart du temps, un suivi psychologique s’impose. La plupart du temps, avec un psychologue. Et là aussi, ceux qui se sont spécialisés dans l’enfance précoce sont de plus en plus recherchés. Le suivi d’un élève HQI ou THQI n’a rien à voir avec le suivi d’un enfant « normal ».

« Généralement lorsqu’on conseille aux familles de ‘”voir un psy”, le choix est  difficile. Pour confirmer une suspicion de précocité, le cas est plus compliqué encore. En effet, plusieurs type de psychologies peuvent être efficaces :

  • La psychologie différentielle, qui s’intéresse tout particulièrement à l’intelligence et à la personnalité du sujet par rapport aux autres individus et à leur cadre de vie social
  • La psychologie scolaire ou psychologie de l’éducation, qui porte sur le développement de l’enfant et les outils appropriés en fonction de chacun


Un accompagnement social indispensable

L’enfant précoce demande souvent un accompagnement social. Il n’est pas toujours un excellent élève, loin de là. Sa différence le fait souffrir d’un manque de confiance en lui. Son décalage avec les autres, l’attitude de l’entourage envers lui, causent quelquefois une vraie souffrance au quotidien.

« Un enfant précoce est certes un enfant ‘surdoué’, mais pas surpuissant, au contraire. C’est souvent un affectif qui est plus fragile que les autres », explique Jean-François Laurent, spécialiste des enfants précoces. « La précocité pose des difficultés aux enfants mais aussi aux enseignants. Parce qu’ils sortent du cadre, ils sont atypiques, et ils souffrent d’être dans le cliché de l’enfant surdoué qui a quelque chose de plus alors qu’en général il a quelque chose ‘à côté. C’est-à-dire que les autres ne comprennent pas comment il fonctionne.

Ils représentent environ deux enfants par classe, dans toutes les classes de France. Le souci c’est que la plupart du temps on les repère parce qu’ils ne vont pas bien, parce qu’ils sont très déstabilisants dans leurs émotions. On peut les voir aussi comme des immatures parce qu’ils sont rêveurs, turbulents. Ces enfants sont très empathiques, très hypersensibles. Il sont attirés par les autres précoces ou au contraire par les enfants en grande difficulté. Ils sont souvent en déficit d’image d’eux-mêmes, ils pensent qu’ils sont bêtes, qu’ils sont fous

Du coup pour que ces enfants aient confiance en eux il leur faut des professionnels. Des éducateurs, des assistants de vie scolaire, qui sachent les cadrer en bienveillance, les aider à s’exprimer quand ils sont en colère, sans les blesser. Comment faire en sorte qu’ils gagnent en confiance, grâce aussi aux techniques de médiation avec les professionnels de l’école qui travaillent avec eux ».




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